Le lierre terrestre, anti toux des bois

lierre terrestre

Table des matières

Le lierre terrestre, vous connaissez ? Voici un petit tour d’horizon des propriétés et usages de cette plante aromatique et médicinale…

 

En cette pré-rentrée, le temps décidemment très incertain, n’en fini pas de nous surprendre : un lit de feuilles mortes jonche le sol au pied des arbres, tandis que les arbustes portent déjà de petites baies écarlates, tristement desséchées sur pied. Le fond de l’air est lourd, la chaleur intense alterne avec la pluie et la grisaille, etc. Voilà l’automne déjà parmi nous ! Un constat qui n’a rien de très réjouissant lorsque l’on songe à l’avenir…

Si la cueillette des petits fruits sauvages semble compromise cette année, d’autres sauvageonnes sont encore au rendez-vous pour remplir nos paniers (toujours avec modération) et nos estomacs. En voici une qui ne manque pas d’intérêt pour donner de la saveur à vos plats : le lierre terrestre, délicieuse plante aromatique et médicinale !

Le lierre terrestre, une plante aromatique et médicinale – ©Pixabay

 

Un peu de botanique…

Le lierre terrestre ou Glechoma hederacea en latin, est une plante herbacée vivace et rampante, qui a tendance à tapisser densément le sol. En particulier les pieds des arbres dans les milieux forestiers où elle se rencontre la plupart du temps. Ses feuilles très caractéristiques sont simples, de forme arrondie, à bords crénelés et échancrées en cœur à la base (cordiformes). Elle est bien plus remarquable au printemps, lorsque ses tiges florifères se dressent entre 5 à 25 cm au-dessus du sol. Il est alors impossible de passer à côté de ses charmantes petites fleurs roses ou bleu violacé, qui s’épanouissent de mars à mai.

Le lierre terrestre forme un tapis dense de feuilles au sol (gauche), tandis que ses tiges florifères se dressent au printemps (droite) – ©Morgane Peyrot

 

Notez au passage que la plante n’a rien de familier avec le lierre grimpant (Hedera helix), qui emmitoufle les arbres de son feuillage dense. Cette dernière est une liane de la famille des Araliacées, largement plus représentée dans les régions tropicales. Tandis que notre lierre terrestre appartient à la famille des Lamiacées, dans laquelle on retrouve beaucoup de plantes aromatiques et médicinales connues et reconnues (thym, lavande, menthe, romarin, origan, etc.). Ses tiges carrées et ses petites fleurs à la corolle formée de 2 lèvres (bilabiées) en témoignent.

Pour finir, les feuilles du lierre terrestre dégagent au froissement une forte odeur aromatique, à la fois fraîche et « terreuse » ou animale, comme dirait mon émérite tuteur François Couplan. En rassemblant tous les critères précédemment énumérés, il n’existe aucun risque de confusion préjudiciable entre le lierre terrestre et l’une de ses cousines. Ses fleurs peuvent évoquer celles de la bugle rampante (Ajuga reptans), très amères mais comestible et inodore. De plus, cette dernière fréquente plutôt les prairies et les milieux enherbés.

 

Le lierre terrestre en cuisine…

Très polyvalent, le lierre terrestre s’utilise aussi bien pour relever des plats salés ou sucrés, mais toujours avec parcimonie, comme condiment. On l’utilise pour aromatiser des boissons rafraichissantes ou des liqueurs. Autrefois, la plante était d’ailleurs employée pour parfumer la bière, bien avant le houblon, et ce jusqu’au XVIIème siècle ! Infusé dans du lait animal ou végétal, il donnera une petite note originale à une crème ou un dessert.

Néanmoins, c’est en salé qu’il fait des merveilles ! Personnellement, je le trouve parfait pour créer un sel aux herbes maison, réalisé avec la plante sèche réduite en morceaux. Ses feuilles hachées s’accordent parfaitement avec les céréales (riz, blé, lentilles, etc.) et avec les fromages frais. Aussi il est très simple d’en faire de délicieuses tartinades à partager en apéritif. Voici un exemple de recette rapide et sympathique que tous vos convives devraient adorer !

Ingrédients 

  • un petit fromage frais (chèvre ou nature) de 250g à 300g
  • Un petit bol rempli de feuille de lierre terrestre
  • 4 ou 5 feuilles de menthe
  • Sel, poivre au besoin
  • Quelques feuilles de lierre terrestre ou fleurs de votre choix en décoration

Après avoir bien trié votre récolte et lavé les plantes, hachez ensemble les feuilles de lierre terrestre et celles de menthe. Mélangez-les au fromage frais à la fourchette dans un bol, ou au mixeur. Ajoutez du sel et du poivre à votre convenance. Tartinez. C’est prêt !

Tartinade au lierre terrestre – ©Morgane Peyrot

 

Et dans la pharmacie

Outre son usage très satisfaisant en tant qu’aromate, le lierre terrestre recèle également de propriétés médicinales. Il est notamment réputé pour action expectorante, antitussive et antivirale sur les voies respiratoires. En somme, il est parfait pour nous aider à combattre les maladies hivernales ! Il renferme également des tanins, qui le rendent astringent et lui confèrent des vertus cicatrisantes (vulnéraire).

Afin d’optimiser ses effets, il est préférable d’utiliser un mélange des feuilles et des fleurs, et donc, de faire votre récolte au printemps. Néanmoins, il est possible de profiter de ses bienfaits en toute saison. En cas de rhume accompagné de toux, on pourra utiliser ses feuilles fraîches ou séchées en infusion, à raison d’1 c. à soupe de feuilles séchées par tasse à boire 3 fois/jours.

Il est également possible de concocter un sirop, plus agréable, et qui aura l’avantage d’être accessible aux plus jeunes. Pour réaliser un sirop à base de plantes, le Dr Claudine Luu recommande le dosage suivant :

  • 500g de plantes/1L d’eau

Réalisez une infusion avec les tiges fleuries de lierre terrestre et laissez reposer toute une nuit. Le lendemain, filtrez en pressant doucement les plantes. Pesez le liquide ainsi obtenu et ajoutez-lui son poids en sucre roux ou en miel. Faites cuire à feu doux en surveillant, jusqu’à l’obtention d’une substance sirupeuse.

Il est également possible d’utiliser la plante en externe, en cataplasme ou en macérât sur le thorax, à raison de 2 fois/jours en cas d’affection pulmonaire.

Voilà tout pour cet article, et cela fait déjà pas mal d’applications pour une seule plante, non ? Belles découvertes végétales à toutes et à tous et à vos recettes ! 😉

N.B. : pour réaliser une récolte respectueuse de l’environnement et sans danger, n’oubliez pas de vous référez à mon article sur les bonnes pratiques de la cueillette, et venez vous exercer en stage 😉

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