Skip to content
  • 06 78 31 04 45
Mon compte
0,00 € 0 Panier
  • Accueil
  • A propos
  • Stages et Ateliers
  • Formations
  • R.D.V.
  • Bons cadeaux
  • Livres
  • Blog
  • Contact
  • Accueil
  • A propos
  • Stages et Ateliers
  • Formations
  • R.D.V.
  • Bons cadeaux
  • Livres
  • Blog
  • Contact

Le cerfeuil des bois est-il vraiment comestible ?

  • 10 mai 2026
  • Cueillette sauvage
Cerfeuil sauvage comestible

Le cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris), aussi appelé anthrisque sauvage ou cerfeuil des bois, est souvent présenté comme une plante comestible intéressante, car elle procure une bonne ressource.

Pourtant, plusieurs publications scientifiques récentes invitent aujourd’hui à adopter davantage de prudence !

Je dois avouer que cette information m’a moi-même interpellée. Bien que le cerfeuil sauvage soit régulièrement cité dans les ouvrages de plantes comestibles, j’ai toujours eu des réserves personnelles à son sujet. D’une part parce qu’il appartient à la famille des Apiacées — une famille qui comporte des plantes comestibles comme la carotte sauvage, mais aussi certaines des plantes les plus toxiques de notre flore — et d’autre part parce que la toxicité de sa racine était déjà évoquée dans certains travaux anciens.

En approfondissant le sujet, je suis tombée sur plusieurs études scientifiques mettant en évidence la présence de molécules cytotoxiques dans différentes parties de la plante, y compris les feuilles et les fruits.

Cet article n’a pas pour objectif de créer une peur excessive autour du cerfeuil sauvage, mais plutôt d’apporter des éléments scientifiques récents afin que chacun puisse faire des choix éclairés.

L’effet de mode “cueillette sauvage”

Ces dernières années, les plantes sauvages comestibles connaissent un véritable engouement. Livres, réseaux sociaux, stages de cueillette et contenus vidéo ont largement contribué à populariser de nombreuses espèces autrefois peu connues du grand public.

Cette démocratisation a aussi entraîné une tendance à élargir sans cesse la liste des plantes présentées comme « comestibles » (parfois avec un recul historique ou toxicologique assez limité).

Le cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris) en fait partie, et a été popularisé par certains ouvrages et contenus de cuisine sauvage, principalement pour l’usage de ses jeunes feuilles.

La littérature scientifique mentionne bien certains usages alimentaires traditionnels du cerfeuil sauvage dans plusieurs pays. Cependant, ces usages semblent généralement rester ponctuels, localisés et souvent associés à des préparations spécifiques.

Par ailleurs, la notion de « plante comestible » ne signifie pas nécessairement « plante dénuée de toxicité » !

De nombreuses plantes traditionnellement consommées contiennent en réalité des molécules actives parfois potentiellement néfastes (ex : acide oxalique, tanins, saponines, alcaloïdes, etc.) avec des effets dépendant notamment :

  • de la dose ;
  • de la fréquence de consommation ;
  • du stade de croissance ;
  • de la partie consommée ;
  • de la sensibilité individuelle.

Voyons donc ce qu’il en est pour Anthriscus sylvestris…

 

Une toxicité des racines bien connue et documentée

La prudence autour du cerfeuil sauvage n’est pas totalement nouvelle.

Dès 1999, une publication scientifique consacrée aux constituants chimiques des racines de Anthriscus sylvestris évoquait déjà la présence de composés cytotoxiques.

Les chercheurs y identifiaient notamment plusieurs lignanes biologiquement actives, dont la déoxypodophyllotoxine, une molécule aujourd’hui largement étudiée pour ses propriétés antiprolifératives en cancérologie (d’où l’intérêt pour la plante dans le monde scientifique et les études qui se multiplient !).

Cette étude est importante car elle montre que la question de la toxicité potentielle de la plante n’est pas une inquiétude récente née des réseaux sociaux ou de débats entre cueilleurs : elle existe dans la littérature scientifique depuis plus de vingt ans.

À l’époque, les racines apparaissaient déjà comme particulièrement riches en composés actifs.

Cerfeuil des bois comestible

Bien entendu, une toxicité des racines ne signifie pas que tous les organes de la plante puissent être toxiques également, mais continuons nos recherches…

La déoxypodophyllotoxine : une molécule loin d’être anodine

La molécule qui revient le plus souvent dans les publications scientifiques est la déoxypodophyllotoxine.

Cette substance appartient à la famille des lignanes et possède une activité biologique très importante. Elle est notamment étudiée en recherche pharmaceutique pour ses effets antitumoraux.

Le problème est que les molécules capables d’empêcher la multiplication des cellules cancéreuses sont également susceptibles d’affecter des cellules saines !

Plusieurs travaux montrent que la déoxypodophyllotoxine agit directement sur la division cellulaire.

Une revue scientifique récente, publiée en 2024 décrit même cette molécule comme le principal agent antiprolifératif du cerfeuil sauvage et rapporte une forte cytotoxicité sur certaines lignées cellulaires humaines en laboratoire.

Bien évidemment, il est important de rappeler que ce type de résultats “in vitro” ne permet pas, à lui seul, de conclure directement à une toxicité alimentaire chez l’humain, les conditions n’étant pas les mêmes.

En revanche, ces travaux montrent clairement que Anthriscus sylvestris contient des molécules biologiquement très actives, ce qui invite au minimum à la prudence et à éviter de considérer cette plante comme « totalement anodine »…

Notamment quand on sait que la déoxypodophyllotoxine se trouve finalement dans toute la plante !

 

Des feuilles et des fruits riches en lignanes

Pendant longtemps, la toxicité évoquée concernait surtout les racines.

Mais des études plus récentes suggèrent que les parties aériennes contiennent elles aussi des concentrations significatives de lignanes cytotoxiques.

Certaines analyses phytochimiques ont retrouvé de la déoxypodophyllotoxine dans les jeunes pousses et les feuilles.

Cela ne signifie pas automatiquement qu’une petite consommation occasionnelle entraîne une intoxication.

En revanche, cela remet en question l’idée souvent répétée d’une plante totalement anodine pouvant être consommée librement et régulièrement.

Et surtout, à ce jour, nous ne disposons pas vraiment d’études évaluant :

  • les quantités réellement problématiques ;
  • les effets d’une consommation répétée ;
  • les seuils de sécurité ;

L’absence de données toxicologiques précises devrait donc plutôt pousser à la prudence qu’à l’affirmation catégorique d’innocuité.

Autre fait notable, les fruits contiendraient des concentrations particulièrement élevées en lignanes bioactives !

Une étude publiée dans la revue Molecules a même montré que certaines parties reproductrices de la plante présentaient des concentrations supérieures à celles observées dans les racines.

C’est un élément important, car certaines personnes utilisent justement les graines ou les fruits dans des préparations culinaires ou aromatiques.

Là encore, le problème n’est pas forcément celui d’une intoxication aiguë immédiate, mais plutôt celui d’une banalisation d’une plante contenant des molécules pharmacologiquement très actives, avec de possibles effets à long terme, encore non documentés…

cerfeuil sauvage toxique

Pourquoi cette information reste peu connue ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer le décalage entre les données scientifiques et les discours parfois très rassurants autour du cerfeuil sauvage.

1. Les intoxications documentées sont rares

À ce jour, il existe peu de cas d’intoxication clairement documentés chez l’humain liés au cerfeuil sauvage lui-même.

Cela conduit souvent à considérer la plante comme sans danger.

Mais l’absence de cas graves recensés ne signifie pas forcément absence totale de risque, surtout lorsqu’une plante contient des molécules biologiquement actives.

2. Les confusions botaniques compliquent encore davantage le sujet

Les Apiacées sont réputées difficiles à identifier avec certitude.

Le cerfeuil sauvage peut être confondu avec plusieurs espèces toxiques, notamment :

  • la grande ciguë (Conium maculatum) ;
  • le cerfeuil des fous (Chaerophyllum temulum) ;
  • certaines petites ciguës.

Cette difficulté d’identification augmente déjà fortement le niveau de prudence nécessaire.

3. Les ouvrages ne sont pas toujours à jour des données phytochimiques

Beaucoup de livres de cueillette s’appuient sur des traditions d’usage anciennes ou sur des observations empiriques.

Or la recherche en phytochimie évolue constamment.

Certaines molécules n’étaient tout simplement pas connues ou étudiées en détail il y a quelques décennies.

C’est probablement ce qui explique le décalage entre certains guides anciens présentant le cerfeuil sauvage comme simplement « comestible » et les publications modernes décrivant des composés fortement cytotoxiques.

Faut-il encore consommer le cerfeuil sauvage ?

Chacun fera naturellement ses propres choix.

Personnellement, au vu des données actuellement disponibles, je préfère adopter un principe de précaution.

Entre :

  • la présence documentée de molécules cytotoxiques ;
  • l’absence de véritables études de sécurité alimentaire ;
  • l’incertitude sur les doses réellement problématiques ;
  • la forte variabilité selon les parties de la plante ;
  • et les risques de confusion avec des Apiacées toxiques,

je considère qu’il existe aujourd’hui suffisamment de raisons pour éviter de promouvoir cette plante comme « totalement sans danger ».

D’autant plus qu’il existe de nombreuses autres plantes sauvages aromatiques et nutritives beaucoup mieux documentées et plus rassurantes d’un point de vue toxicologique.

Comme toujours la prudence et le bon sens sont de mise : mieux vaut éviter de consommer la plante trop régulièrement.

Il est également intéressant de noter que certaines traditions culinaires mentionnées dans la littérature scientifique utilisent la plante après cuisson ou préparation spécifique, notamment au Japon pour certaines parties souterraines.

Cela pourrait suggérer que certains modes traditionnels de préparation avaient justement pour rôle de limiter ou modifier certains composés actifs, même si cette hypothèse reste encore peu étudiée scientifiquement aujourd’hui…

Pour aller plus loin, voici l’avis tranché d’un chercheur qui a étudié Anthriscus sylvestris dans cet article très intéressant de Michaël Berthoud. 

 

Mon conseil en tant qu’herboriste et cueilleuse

Lorsque l’on parle de plantes sauvages comestibles, il est important de rester humble.

Nos connaissances évoluent.

Ce qui était considéré comme anodin il y a 20 ans peut aujourd’hui être réévalué à la lumière de nouvelles études.

Cela ne veut pas dire qu’il faut tomber dans une peur excessive des plantes sauvages.

Mais cela rappelle qu’une plante médicinale ou comestible n’est jamais totalement « neutre » biologiquement.

Et c’est justement ce qui fait que nous avons dans la nature de véritables trésors de plantes médicinales ! Simplement, en cas de doute, l’abstention reste souvent la meilleure option.

Apprendre à connaître et cueillir les plantes sauvages en toute sécurité, cela demande de l’investissement, du temps, et surtout d’être bien accompagné !

Découvrir mon approche et ma formation.

 

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Partager cet article

A propos de l'autrice

Image de Morgane Peyrot

Morgane Peyrot

Derniers articles

Cerfeuil sauvage comestible
Le cerfeuil des bois est-il vraiment comestible ?
10 mai 2026
cadmium danger alimentation
Cadmium dans l'alimentation : le danger silencieux...
3 avril 2026
chicorée médicinale
La chicorée : amie du foie... et du cœur ?
14 février 2026

Autres articles

Profitez du blog pour découvrir de multiples informations sur les plantes sauvages comestibles et médicinales, les insectes, le jardin, la santé naturelle… et des recettes !
cadmium danger alimentation
Santé / prévention

Cadmium dans l’alimentation : le danger silencieux…

Aujourd’hui on parle beaucoup des pesticides (à juste titre)… et un peu moins des métaux lourds.Et pourtant, les données les plus récentes sont sans appel.

Lire la suite »
Morgane Peyrot 3 avril 2026 Aucun commentaire
chicorée médicinale
Phytothérapie

La chicorée : amie du foie… et du cœur ?

Dès la belle saison, elle borde nos chemins et habille nos champs de ses magnifiques fleurs bleu profond : il s’agit de la chicorée (Cichorium

Lire la suite »
Morgane Peyrot 14 février 2026 Aucun commentaire
protocole naturel stress et sommeil
Phytothérapie

Protocole bien-être « stress-sommeil »

Stress répété, troubles de l’humeur, fatigue persistante, difficultés à s’endormir ou réveils nocturnes… C’est ce que traverse actuellement ma sœur, comme beaucoup de personnes aujourd’hui.

Lire la suite »
Morgane Peyrot 9 janvier 2026 Aucun commentaire

Infolettre

Abonnez-vous pour recevoir ma newsletter : évènements à venir, nouveaux articles, conseils...

Santé holistique, féminin sacré, stages et formations autour de l’herboristerie et des plantes sauvages comestibles.

  • 06 78 31 04 45

Liens utiles

  • Mentions légales
  • Conditions Générales d’Utilisation
  • Conditions Générales de Vente
  • Politique de Protection des Données
  • Politique de Gestion des Cookies
  • Devenir affilié
  • Mentions légales
  • Conditions Générales d’Utilisation
  • Conditions Générales de Vente
  • Politique de Protection des Données
  • Politique de Gestion des Cookies
  • Devenir affilié
Recommandé par
monde de sens - Recommandé par Guides Tao

MONDE DE SENS © 2026 - site web réalisé par Clic ton Site

Monde de Sens
Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
×

Sommaire

    ×
    ×

    Panier

    X
    X